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Vanneau huppé de Fabrice Conort
Lettre d'actualités du Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres - 02-03- 2012
Ce que nous avons pu observer en janvier…
Janvier, deuxième mois de l'atlas hivernant. Le Vanneau huppé tient la corde en nombre de données : le week-end de comptage vanneaux-pluviers y contribue, même si ce ne fut pas un week-end fructueux sur la totalité des secteurs prospectés.
Un mois de janvier plutôt doux, douceur qui est sans doute à l'origine du maintien sur plusieurs secteurs de groupes d'Oedicnèmes criards. Ce migrateur a visiblement choisi de rester en nombre bien plus important que d'habitude chez nous cet hiver : assez cocasse, et probablement douloureux pour eux, de voir des oedicnèmes fin janvier, les pieds dans la neige (à suivre en février !).

Janvier a également confirmé quelques évolutions : la présence croissante de la Grande aigrette, y compris en plaine, et l'observation de plus en plus fréquente nous semble-t-il de groupes relativement importants de Hérons gardeboeufs.

Le parvis de l'Eglise Saint André à Niort, à deux pas du local du GODS, a été un des hauts lieux de l'ornithologie deux-sévrienne, avec la présence tout le mois de 3 Accenteurs alpins. Toujours présents depuis fin novembre... Cet oiseau, un peu plus gros et coloré que notre Accenteur mouchet, est un oiseau des montagnes, qui migre vers des altitudes moindres en hiver, et qui, cet hiver a été contacté sur de nombreux sites de l'ouest de la France.

La Pie grièche méridionale, vue fin décembre sur le Lezéen, a été revue tout au long du mois de janvier. On se demande bien ce qui a pu pousser cet oiseau, qui niche dans le sud-est de la France et dans la péninsule ibérique, à venir en Deux-Sèvres, et dans l'ouest de la France où les mentions ont été relativement nombreuses cet hiver.

On notera aussi plusieurs observations de Balbuzard pêcheur, rapace nicheur en Europe, qui migre vers l'Afrique en hiver. Il s'agit probablement des premiers cas d'hivernage de cette espèce pour notre département. Pour rester chez les rapaces, si le Faucon crécerelle fait partie des oiseaux les plus fréquemment observés, un autre petit faucon du Nord de l'Europe, le Faucon émerillon, a fait l'objet en janvier de nombreuses mentions.

Sans surprise, les mésanges ont été régulièrement mentionnées comme chanteurs (Mésange charbonnière et Mésange bleue particulièrement), de même que le Troglodyte mignon, le Rougegorge familier. Des chants de Grive musicienne et de Grive draine ont également été notés. Moins commun, pour un mois de janvier, la Fauvette à tête noire s'est révélée plusieurs fois chanteuse.

Au chapitre des " peu vus ", on citera le Pinson de nord, qui n'aura été contacté qu'une dizaine de fois en ce mois. Quant au Grosbec cassenoyaux, autre habitué des mangeoires hivernales, il aura été contacté surtout dans le sud du département, à proximité des massifs forestiers.
Terminons enfin par le TOP 10 des espèces du mois les plus mentionnées, dans l'ordre : Vanneau huppé, Buse variable, Pinson des arbres, Merle noir, Mésange charbonnière, Héron cendré, Rougegorge familier, Faucon crécerelle, Etourneau sansonnet, Mésange bleue.

Rédacteur : JM Passerault - Relecteur : C. Braud


Ce que nous avons pu observer en février…
Après un mois de janvier marqué par sa douceur, une vague de neige et de froid est arrivée début février. Nous retiendrons donc en premier lieu de cet épisode hivernal les nombreuses observations d'oiseaux en difficulté, amaigris et fatigués, voire morts : les Grives musiciennes ont été particulièrement touchées, de même que les Vanneaux huppés et Bécasses des bois. Les Hérons gardeboeufs ont également été notés en difficulté, et février aura fourni moins d'observations pour cette espèce que ne l'avait été janvier. Nous avions mentionné en janvier le maintien de plusieurs groupes d'Oedicnèmes criards : le froid du début de mois les a semble-t-il délogés ; un individu mort a été recueilli.

Le froid semble également avoir rendu bien plus aisée l'observation de certaines espèces, qui cherchaient des endroits ensoleillés et réchauffés, se mettant parfois en danger au bord des routes.

Parmi les visiteurs hivernaux qui ont beaucoup fait courir les ornithos "cocheurs " au cours de l'hiver 2011-2012, on notera que la Pie grièche méridionale du Lezéen a été revue au long de ce mois de février, de même que les Accenteurs alpins de l'église Saint-André à Niort. Belle constance pour une première deux-sévrienne !

Février aura aussi été marqué par des observations régulières de Hiboux des marais : des groupes de 2 à 10 individus, sur une demi-douzaine de sites.
Ce fut un " froid de canard " : si les Canards souchets, pilets et siffleurs ont plutôt privilégié les étangs du Nord Deux-Sèvres, d'autres espèces ont été observées sur l'ensemble du département : Sarcelles d'hiver, Canards chipeaux, Fuligules milouin… ce fut y compris le cas sur la Sèvre à Noron, malgré son dérangement incessant. Quelques raretés hivernales ont été mentionnées sur les plans d'eau du Nord : Fuligule nyroca, Garrot à œil d'or, Grèbe à cou noir, Spatule blanche, Harle bièvre…
La fin de la période de froid a aussi été marquée par les passages d'Oies et de Grues. Des passages d'Oies cendrées ont été observés tout au long du mois, du Sud au Nord du Département, avec une concentration dans la période du 12 au 20 février, la plus grosse journée ayant été le samedi 18 février, avec des passages à la fois nombreux et importants. Les observations de passages migratoires de Grues cendrées, conformément aux couloirs habituels, ont davantage concerné le Sud-Sud-Est du département, avec un pic d'observations le 24 février. Un groupe est d'ailleurs entré en collision ce jour-là avec une ligne électrique (18 victimes).

Mais le froid de février n'a pas stoppé la montée des hormones ! Les chants reprennent chez les passereaux, et les signes de reproduction s'installent chez les espèces les plus précoces de ce point de vue : les Pics (vert, épeiche, noir, mar), Hérons cendrés, Tourterelles turques, Merles noirs, Faucons crécerelles, ainsi que les corvidés…

Terminons par le TOP 10 des espèces du mois les plus mentionnées, dans l'ordre : Pinson des arbres, Merle noir, Buse variable, Rougegorge familier, Vanneau huppé, Mésange charbonnière, Héron cendré, Etourneau sansonnet, Moineau domestique, Mésange bleue.

Rédacteur : JM Passerault - Relecteur : Y. Nadal


L'image du mois est offerte par Laurent Debordes le 1er février dans le nord du département
Grande aigrette © Olivier Collober

Buse variable © Etienne Debenest


Tarier pâtre sous la neige © Etienne Debenest

Enquête Hérons en Deux-Sèvres 2012
Cette année, le Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres lance une enquête sur les " Hérons en Deux-Sèvres". Il s'agit de recenser toutes les héronnières connues, et de prospecter de nouveaux sites potentiellement favorables à la nidification des Ardéidés pour en découvrir de nouvelles. Vous pouvez participer à cette action en notant dès à présent toutes vos observations de Hérons. Cela contribuera à orienter les prospections à venir.
Espèces à rechercher : Héron cendré, Héron pourpré, Bihoreau gris, Héron gardeboeufs, Aigrette garzette, Grande Aigrette, Butor étoilé, Blongios nain.
Pour le Héron cendré, pensez à noter les observations si vous constatez un comportement particulier.
Pour toutes les espèces de hérons, n'hésitez pas à noter en remarque tout comportement tel que :
Vol (indiquer la direction), transport de branches, cris répétés, individus en plumage nuptial marquant (notamment pour le Héron cendré : plumage très contrasté, pattes et bec jaune-orangé vif), stationnement ou survol régulier d'un même site, …

ATTENTION : Si vous observez une héronnière occupée ou des individus construisant leur nid, il faudra protéger cette donnée lors de son enregistrement sur le site Nature 79.


Appel à bénévoles !!

Pour mener à bien cette enquête, nous avons besoin de bénévoles, afin de pouvoir prospecter un maximum de sites préalablement sélectionnés. Nous vous invitons à participer en tant que prospecteur ou accompagnateur en avril et mai, et à nous contacter dès maintenant.
Estelle DENIAUD : estelle@ornitho79.org
Olivier COLLOBER : collober.olivier@orange.fr

Description du projet :
Un recensement des colonies de Hérons cendrés a été réalisé au niveau national et départemental en 2007. Cette espèce connaît une phase d'expansion en adéquation avec la dynamique nationale. Cet accroissement semble également pouvoir se mesurer en Deux-Sèvres pour d'autres espèces d'ardéidés. Le retour après au moins 30 ans d'une colonie significative de Hérons pourprés ou encore l'installation en 2011 du Héron garde-bœufs plaide pour une amélioration de nos connaissances pour cette famille d'oiseaux et les moyens d'accompagner cet essor, l'installation de héronnières de Hérons cendrés jouant un rôle crucial dans l'installation des autres espèces vivant en colonies. Dans cette perspective, une action portant sur les héronnières connues et potentielles plus aboutie qu'en 2007 permettra d'asseoir cette dynamique et favorisera la reconquête départementale de cette biodiversité remarquable. Cela nous permettra d'avoir des perspectives précises pour accompagner leur installation et leur développement, et ainsi aider la conservation de ces espèces dans notre département


Héron pourpré © Bernard Broucke

Bihoreau gris © Bernard Broucke

Courlis cendré
L'ornitho deux-sévrien qui sort avec ses jumelles dans les plaines, au début du printemps, aura peut être la chance d'entendre et de voir les parades magnifiques de ce bien bel oiseau qu'est le Courlis cendré. En 79, le Courlis cendré vit et niche sur les prairies de fauches, jachères et de pâture, ainsi que sur les céréales, pendant qu'elles sont encore basses.
Les Deux-Sèvres accueillent la majorité des effectifs nicheurs en Poitou-Charentes.
Le Courlis est une espèce chassable malgré la diminution permanente de ses effectifs. En 2008, un moratoire interdisant la chasse du Courlis cendré a été mis en place, du fait de la diminution inquiétante des effectifs. Ce moratoire a été levé début 2012, à des fins électoralistes sans même attendre les conclusions des experts. Je vous laisse seuls juges ! Cette espèce est pourtant classé " quasi menacée " au niveau mondial par l'UICN. La chasse n'est pas la seule menace pour le Courlis, la précocité des fauches est également une cause importante de destruction des nichées, ainsi que bien sûr la disparition de ses milieux de prédilection.

Un migrateur précoce
Dès la mi-février, les premiers individus se montrent dans les plaines des Deux-Sèvres. Après la nidification, ils se rassemblent dès la mi-juin pour partir sur les côtes et migrent vers le sud (Méditerranée) à la faveur des coups de froid. Quelques individus passent l'hiver sur le bord des étangs notamment sur les étangs du nord.

Le plus grands de nos limicoles
Le Courlis cendré est le plus grand de nos limicoles européens, il se caractérise par son bec long et incurvé qui lui sert à trouver sa nourriture en profondeur dans les sols meubles. Pendant la reproduction, il se nourrit sur les prairies et parcelles de céréales encore peu élevées, proches de son nid. Il y glane vers, escargots, insectes et autres invertébrés.

La femelle a un bec plus long que le mâle
Le plumage est moucheté et strié de gris, roux, brun, fauve et blanc, le croupion blanc bien visible en vol. Attention de ne pas le confondre avec son cousin le Courlis corlieu, notamment en halte migratoire, sur les zones humides, plus petit et rayé sur la tête, avec une raie sommitale comme disent les spécialistes.

Un papa aidant et des jeunes débrouillards
Les Courlis cendrés nichent sur des prairies de fauches et pâtures. Courant mars, on peut observer les premières parades: le mâle, les ailes frémissantes, s'élève jusqu'à 30-40 mètres de hauteur en faisant entendre des cris flûtés qui se transforment en trilles sonores lors de sa descente. Une fois les couples formés, le mâle et la femelle vont rester très proches jusqu'à l'envol des jeunes. Les premières pontes ont lieu courant avril et peuvent s'étendre jusqu'à mai. La couvaison est assurée aussi bien par le mâle que par la femelle, les couples pouvant alterner et se nourrir tout en évitant de laisser les œufs sans surveillance. Au bout de seulement quelques jours, les poussins, nidifuges (ne restant pas dans le nid), sont autonomes et capables de se déplacer. Les poussins seront capables de voler au bout de 32 à 38 jours.

Un oiseau magique
Aucune description ne pourra expliquer le bonheur que procure l'observation de cet oiseau majestueux aux parades envoûtantes et spectaculaires. Aucune description ne vous fera comprendre pourquoi certains ornithos restent des heures à l'observer sans jamais se lasser. De plus cet oiseau, bien que farouche, reste facilement observable.

Si vous voulez comprendre, plus qu'une seule solution : A vos jumelles !!!!! Pour info, le GODS étudie depuis deux ans cette espèce afin de mieux le protéger ; les conclusions de cette étude vous seront plus longuement présentées dans le prochain Lirou.

Yann Nadal


Comptage Courlis cendré dans le Mellois le 18 mars 2012
R/V à Lezay 9h00 place du marché.

Possibilité de pique niquer ensemble et de retourner voir les parades l'apres midi après le comptage.
Contact : Yann Nadal


Le courlis en quelques chiffres


Taille : 50-60 cm
Envergure : 80-100 cm
Poids :
femelle : 675-950 grammes
mâle : 575-800 grammes

1500-1800 couples nicheurs en France (essentiellement dasn l'EST de la France)

30 couples en Deux-Sèvres :
25 dans la plaine du pays Mellois, 5 dans la plaine de Oiron Thenezay.


Collision de Grues cendrées avec une ligne électrique
Le vendredi 24 février 2012, nous sommes contactés par l'ONCFS pour nous mentionner des Grues cendrées entrées en collision avec une ligne électrique sur la commune de Rom (79) dans la ZPS de la Plaine de la Mothe-Saint-Héray - Lezay . Les informations font état de treize cadavres et nous ne savons pas s'il reste des individus vivants. Arrivés sur place nous constatons très vite qu'il reste des individus vivants, affolés et désorientés. Nous découvrons ensuite d'autres cadavres et le total des Grues cendrées mortes monte à 19 individus (18 trouvés le jour même et une autre le lendemain par les agents de la commune de Rom).La cause de mortalité est sans aucun doute l'électrocution par collision avec la ligne électrique. Découvertes le vendredi matin, les collisions ont très probablement eu lieu le jeudi soir. Ce soir- là, le brouillard était très épais (moins de trente mètres de visibilité en voiture par endroit). En pleine période migratoire ces conditions climatiques ont obligé les oiseaux à descendre très bas en altitude provoquant ainsi l'accident dont ne pouvons que supposer l'heure. En effet le découvreur nous indique que des microcoupures de courant ont eu lieu entre 21h30 et 22h00. Sur le site, 174 Grues cendrées vivantes sont comptées par les agents de l'ONCFS ce matin là.

Romain BONNET




Photos © Romain Bonnet

RAPPEL A TOUS LES ORNITHO'S

Envoyez vos données d'observation de 1/10/2010 à 30/09/2011 pour la synthèse du Lirou N°31 soit sous fichier Excel, sur papier ou encore sur le site nature79.org

NB : attention aux dates en rentrant les informations !


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c'est partager !

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Sur le Carnet

Conférence Courlis cendré
et Nocturnes le 09-03-2012
Conférence restitution des enquêtes Courlis cendré et Nocturnes. Bilans de deux enquêtes majeures réalisées par le Groupe Ornithologique des Deux Sèvres, les résultats perfectionnent notre connaissance sur la biologie de ces espèces et nous permettent de contribuer encore davantage à leur conservation !

Rendez-vous : 19h30 au local 7 rue Crémeau 79000 Niort
 

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